une inquiétante observation … Gracie au lac d’Annecy, novembre 2012
1994 – Alex Colville – Prêtre et Chien
1999 – Alex Colville – Dog in Car
Photos extraites du film Roma de Federico Fellini (1972)
1954 – Alex Colville – Horse and Train
En découvrant le tableau « Dog in car » de Colville, m’est venue immédiatement à l’esprit l’épisode des deux chiens, l’un prolétaire, l’autre nanti, de la fameuse scène du trafic routier sous la pluie sur l’autoroute du film Roma de Fellini. Je ne résiste pas au désir de vous montrer la scène complète que je considère pour ma part comme une des plus belles scènes de l’histoire du cinéma. En quelques minutes, Fellini présente en accéléré l’histoire de l’Italie avec ses problèmes, ses espoirs, ses dangers… les spots du cheval perdu dans la nuée des voitures qui me ramène à Colville avec son tableau « Cheval contre train », des chars menaçants sous la pluie qui ramènent aux années de plomb, des bâches volantes dans le vent qui font penser aux voiles noires de la mort, de l’accident, de la manifestation, des automobilistes enfermés dans leur bulles indifférents à ce qui les entoure, et le blocage final du trafic qui vient mourir ironiquement au pied du Colisée antique… Sublime, Maestro !
il traffico di Roma visto da Federico Fellini (YouTube)
–––– Alex Colville : l’art de l’énigme ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––
Prenez un peu de Wyeth, rajouter un peu de Grant Wood plus quelques pincées de Balthus, de Chirico et de Hooper. Mélanger le tout, faite reposer : vous obtenez du Colville. Colville est né en 1920 à Toronto mais passera une partie de sa jeunesse en Nouvelle-Ecosse et dans le Nouveau-Brunswick où il obtiendra en 1942 un baccalauréat en art.
Il s’engage dans l’armée canadienne dans le programme d’artiste de guerre. Il sera présent au débarquement de Juno Beach en Normandie et lors de la délivrance du camp de Bergen-Belsen. A la fin de la guerre, il retourne au Nouveau-Brunswick où il enseignera à l’Université jusqu’en 1963. Il pourra alors se consacrer exclusivement à sa passion de la peinture. En 1973, il retourne vivre en Nouvelle-Ecosse. Après avoir commencé sa carrière en peignant des scènes de guerre, Colville entame en 1950 une évolution de son style et de la manière de représenter ses thèmes artistiques. Il affectionne toujours de traiter les thèmes tirés de son environnement immédiat : famille, animaux de compagnie, paysages familiers, mais en imprimant à ses tableaux un caractère étrange, énigmatique, parfois dérangeant et menaçant. Sa technique de peinture n’a pas cessé d’évoluer depuis ses débuts : de la peinture à l’huile de ses débuts, il est passé à la détrempe, aux résines synthétiques puis aux polymères à l’acrylique. Ses tableaux sont construits de manière laborieuse à partir de modèles géométriques très étudiés et sa production est faible (3 ou 4 œuvres par an).
Nous présentons quelques unes de ses toiles mettant en scène des animaux dans des situations étranges ou énigmatiques.
1999 – Alex Colville -Study for « Dog in car »
1991 – Alex Colville – Dog and Groom
1952 – Alex Colville – Child and dog
1958 – Alex Colville – Hound in Field
1976 – Alex Colville – Dog and Bridge
1979 – Alex Colville – Swimming dog and Canoë
Gracie faisant trempette dans le lac d’Annecy – novembre 2012
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